Synopsis

 Coupant l’Angleterre en deux, le mur d’Hadrien demeure encore aujourd’hui entouré de mystères. À quoi ressemblait la vie au bout du monde romain ? Pourquoi ont-ils eu besoin d’y construire cet édifice hors du commun ? Et qu’y avait-il derrière le mur ?

Découvrez quelques anecdotes autour de l’épisode !

Les anecdotes

Les questions de l’épisode !

Le mur d’Hadrien :

  • Pourquoi a-t-il été construit ?
  • Comment les romains construisaient-ils les frontières de leur Empire ?
  • A quoi ressemblait la vie sur le mur ?

Une Tout Autre Histoire prend ses informations des ouvrages de référence. Voici la liste des livres qui ont aidé à la création de cet épisode :

  • Hadrian’s wall, de Adrian Goldsworthy
  • The Edge of the Empire, de Bronwen Riley

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Les anecdotes autour de l’épisode

Le mur d’Hadrien

  • Une source d’inspiration pour George R.R. Martin

Hadrian est le premier empereur a construire un mur qui sépare l’Empire romain des « barbares ». Bien que plusieurs expéditions aient été menées en Calédonie (désormais l’Ecosse), les terres au nord du mur sont restées très mystérieuses pour les romains. Cette idée de bâtir un mur pour lutter contre des forces mystérieuses a grandement impressionné George Martin lors de sa visite du mur en Angleterre. Passionné par la Rome antique, il a alors l’idée de faire de cet extraordinaire ouvrage romain l’une des pièces maîtresses de son roman A Song of Ice & Fire : le fameux mur séparant les Sept Royaumes des terres inexplorées du Nord.

Il reprend ainsi de nombreux éléments glanés à propos du mur pour nourrir son univers. A l’instar des auxiliaires qui gardent le mur- ces soldats qui n’ont pas encore acquis la citoyenneté romaine et vivent donc légèrement en dehors de la société -, la Garde de Nuit de George Martin est une armée avec ses propres codes, et qui n’a pas son mot à dire sur la marche du monde. Elle dévoue son existence entière à combattre le monde des barbares et des forces obscures, à l’instar  des auxiliaires romains qui doivent vouer au moins 25 ans de leur vie à l’armée romaine avant de pouvoir la quitter (il y a de fortes chances que ce soit leurs enfants qui bénéficient de l’acquisition de la citoyenneté romaine). Auxiliaires et gardiens sont fiers de leurs métiers, mais sont souvent victimes des revirements politiques d’une capitale très lointaine.

George R.R. Martin s’est énormément inspiré de l’Empire Romain pour bâtir l’univers de ces romains. Le Roi Joffrey est par exemple une copie carbone de l’Empereur Caligula, partageant de nombreux vices et un certain penchant pour les actions violentes et… sanglantes. Mais le mur d’Hadrien est probablement la source d’inspiration la plus évidente et la plus importante de l’auteur.

  • Les frontières au deuxième siècle après Jésus-Christ

Les frontières à cette époque ne sont pas celles que l’on s’imagine aujourd’hui, où la limite est clairement définie entre un pays et un autre, avec un langage différent que l’on se trouve d’un côté ou de l’autre de cette limite. Seuls les passages militairement et économiquement stratégiques bénéficient d’un contrôle renforcé, comme les rivières ou certains cols de montagne qui sont surveillés par des tours de garde, souvent elles-mêmes à portée de signal d’un fort capable de déployer rapidement des renforts. Ces tours, légères, rapidement construites et déconstruites, permettent de créer des lignes de défense très mouvante.

Mais ces « frontières » sont très poreuses. C’est pourquoi les villes importantes sont souvent protégées par des murailles et des garnisons. Puisque ces grandes villes savent se protéger elles-mêmes (et tant pis pour les petits villages alentours) le besoin de construire une frontière physique n’est pas considéré comme essentiel.

Hadrien est le premier Empereur à suivre le conseil d’Auguste (14 a.p. J.C.) à ses successeurs : ne plus agrandir l’Empire et travailler à consolider ses frontières. Il conçoit des frontières bien définies et gardées par des tours, des forts, des remblais, des fosses… Mais il comprend rapidement que pour qu’une frontière soit efficace, il faut utiliser les éléments géographiques à sa disposition, comme les rivières et les montagnes. Il n’hésite donc pas à se replier derrière les trois grandes fleuves de l’Empire (le Rhin, le Danube et l’Euphrate) pour faciliter sa position défensive.

L’Empire Romain adopte une stratégie purement défensive à partir de Constantin (272 a.p. J.C.), période durant laquelle l’infanterie lourde n’est plus stationnée directement aux frontières mais placée en réserve dans les terres et maintenue prête à se projeter en cas de conflit. De petites garnisons sont néanmoins maintenues aux frontières pour retenir et / ou ralentir les incursions ennemies.

Il n’est donc pas rare de voir de petits groupes contourner les frontières statiques et piller les territoires. Si ces groupes deviennent trop importants, alors les garnisons locales sont mobilisées. Mais bien souvent les villageois et petits fermiers sont laissées à eux-mêmes.

À mesure que l’Empire s’enfonce dans les guerres civiles et que l’Armée est d’avantage mobilisée pour lutter contre les usurpateurs que contre ses véritables ennemis, il devient difficile pour Rome de projeter rapidement ses légions sur des frontières si vastes. C’est pourquoi certaines tribus « barbares » sont autorisées à s’établir dans des zones spécifiques le long des frontières, en échange d’un maintien de la sécurité qui s’avère parfois… défectueux.

  • Une Armée trop puissante ?

Un Empereur ne peut espérer régner longtemps sans le soutien de ses armées. C’est elle qui détient le véritable pouvoir à Rome. D’ailleurs, à la naissance d’Hadrien, l’Empereur Vespasien s’est emparé du pouvoir uniquement grâce au soutien de l’armée en 69.

Lorsque Hadrien prend possession du pouvoir, l’Empire se trouve dans une situation sans précédent. Suite aux conquêtes orientales de son prédécesseur, l’Empereur Trajan, l’Empire n’a jamais été aussi vaste. De nombreuses révoltes convainquent Hadrien qu’il faut mettre un terme à la politique expansionniste de Rome pour mieux préserver les limite actuelles. L’expansion est en effet beaucoup trop coûteuse en hommes et en argent, et risque à terme de déstabiliser l’Empire.

Mais c’est un choix qui peut s’avérer dangereux ! Hadrien doit non seulement faire face à des réticences du Sénat (il y mettra bon ordre par la force, ce qui lui créera de nombreux ennemis puissants jusqu’à la fin de sa vie) mais également des résistances de l’armée, qui ne voit pas d’un si bon œil l’arrêt de l’expansion de l’Empire. En effet, c’est sur le champ de bataille que le soldat obtient l’honneur de la bataille victorieuse… et les biens des villageois à piller.

Hadrien a alors l’idée d’organiser une tournée gigantesque pour se faire voir auprès de ses soldats, surtout ceux qui n’ont pas pris partie à sa prise de pouvoir. Il abandonne ses habits d’Empereur et préfère revêtir la tenue plus humble du soldat. Il partage avec les hommes leurs repas (du lard et du vinaigre) et leur condition de vie (dormir sur une tente, se réchauffer auprès d’un feu de camp). Grâce à cette tournée (et de nombreuses autres, Hadrien restant très peu à Rome), il sera aimé et respecté de ses hommes.

  • La Calédonie : terra incognita

L’Empire Romain a colonisé la Britannie plutôt facilement. Beaucoup de bretons de la classe supérieure voyaient d’un bon œil les privilèges apportés par le style de vie romain. Aqueduc, bains publics, théâtre sont autant de progrès technologiques et économiques qui facilitent l’intégration de la population à la culture romaine. La conquête est donc aisée partout sur l’île. Partout ? Non, un peuple d’irréductibles résiste à l’envahisseur ! Les tribus indépendantes du Nord.

Pourquoi n’ont-ils pas été séduits par la technologie romaine ? Difficile à dire encore aujourd’hui. Mais l’attachement à leurs rites religieux et à leur manière de vivre semblent l’avoir emporté sur leur intérêt pour le théâtre, ou les bains à vapeur. Durant quasiment toute l’histoire de l’Empire Romain, la Calédonie est demeurée une terre plus ou moins inconnue. Si plusieurs expéditions y ont été menées, et si des navires en ont fait le tour pour en cartographier les côtes, les romains sont rapidement arrivés à la conclusion que la perte de plusieurs milliers d’hommes ne valait pas le gain de terres considérées comme pauvres et désertes.

En cela, la construction du mur d’Hadrien est une officialisation du renoncement de Rome à conquérir l’île dans son entièreté. En passant en mode défensif, certains pensent même que cela signait le début de la fin de l’Empire Romain. Car un Empire dictatorial ne survit-il pas uniquement grâce à ses expansions, ses conquêtes, et à la guerre contre un ennemi toujours différent et renouvelé ?

  • Le mur d’Hadrien : les autres raisons de sa construction.

Comme on l’a vu dans le film, la construction du mur permet de garder les soldats occupés pour éviter les mutinerie (trois légions ont été mobilisées pour sa construction, soit environ 15.000 hommes !). Le mur en lui-même permet de protéger les terres frontalières des incursions des tribus calédoniennes. Mais quelles autres raisons Hadrien a-t-il eu de construire ce mur ?

  • Une frontière ne sert pas seulement à filtrer les départs et les arrivées. Elle sert également à inspecter les marchandises pour mieux les taxer. Contrôler une frontière, c’est contrôler les taxes d’une région.
  • Pour impressionner ses ennemis et envoyer un message à tout l’Empire. En déployant de tels moyens pour mater quelques tribus rebelles, Hadrien officialise auprès des gouverneurs locaux et auprès de l’Empire tout entier que l’expansion inexorable de l’Empire est terminée.
  • L’empereur vient d’être élu et a besoin d’envoyer aux romains des symboles de sa toute puissance. A Rome, il entreprend la rénovation du Panthéon. Il se fait construire un Palace à Tivoli. Mais il a besoin de créer un symbole fort de sa toute puissance qui rayonne dans le Monde entier. Une oeuvre démesurée. Grandiose. Montrer à quel point Rome domine le reste du monde…
  • Le mur d’Hadrien : un témoin de la décadence de Rome ?

À partir du troisième siècle, la Bretagne est divisée en plusieurs provinces et l’armée elle-même est divisée en deux. D’un côté les unités mobiles, de l’autre les garnisons frontalières (qui comprennent les hommes du mur d’Hadrien). Chacune de ces deux branches disposent d’une chaîne de commandement propre. Le but est d’empêcher quiconque de réunir les ressources militaires d’une province et de tenter de s’emparer du pouvoir. 

Le problème est que chaque décision importante doit remonter directement jusqu’à l’Empereur pour être acceptée, ce qui devient rare dès lors que l’Empereur en question est moins intéressé par les provinces éloignées que par les rivalités politiques à Rome. De ce fait, la capacité de Rome à se battre sur plusieurs fronts décline.

La scission de l’Empire en 285, les nombreux coups d’état sanglants et les attaques ennemies répétées obligent l’Empire Romain d’occident à rapatrier les légions stationnées aux frontières les plus lointaines pour mieux défendre l’Italie. Rejetant ce projet, les soldats de Bretagne se soulèvent et proclament Constantin (un simple soldat !) Empereur en 407. Ce qui se passe en Britannie est à l’image de ce qui se passe partout ailleurs : les provinces ne cessent de se choisir des usurpateurs, minant de l’intérieur la cohésion de l’Empire. Constantin III fait d’ailleurs long feu. Il est capturé puis exécuté en 411, et son armée dissoute.

Plus aucune légion romaine digne de ce nom ne sera plus jamais vue sur l’île…

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Le mur d'Hadrien : Le Quiz !

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